Concarneau - Ville Bleue

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@villeconcarneau  -  Mar 01

Arrêté permanent n°2019-135 - Modification du sens de circulation rue Général Morvan à compter du LUNDI 4 MARS 2019… https://t.co/m12ydiF7Ic

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Ville patrimoniale et balnéaire, Concarneau jouit, et à juste titre, d'une très grande renommée touristique. Pourtant, ne retenir de la ville que cette image serait réducteur : ce serait occulter son dynamisme économique porté par des entreprises et des structures locales, souvent orientées vers les activités maritimes, résolument tournées vers l'innovation. Ces entreprises cherchent à développer technologie de pointe et modes de fonctionnement pionniers dans l’optique d’une transition énergétique inéluctable, s’inscrivant ainsi dans une tradition d’adaptabilité au contexte, une capacité au changement dont font preuve depuis toujours les habitants de la Ville Bleue. Cette faculté créative et compétitive, cette expertise avérée ont des répercussions internationales et attirent les projets d’avant-garde.

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Xavier Fabre - Le goût des autres

Il est amoureux de la mer et de ses contemporains, il cherche à soigner et à communiquer avec ceux qui « s’éloignent ». Xavier Fabre, animateur auprès de malades d’Alzheimer, a traversé l’Atlantique à la rame pour interpeller sur sa démarche. Un homme qui a des choses à dire et à partager.

Samedi 17 février 2018, le Carpe Diem orange pointait le bout de son étrave au Robert, en Martinique. À son bord, Xavier Fabre, 53 ans, venait de vivre 51 jours seul en mer, lors d’une traversée de l’Atlantique à la rame et solidaire. « En racontant mon expérience, je veux ouvrir le débat et apporter un autre regard sur la maladie d’Alzheimer », confie Xavier Fabre. Pourquoi une traversée en solitaire ? « Parce qu’en écoutant ceux qui l’avaient déjà réalisée, j’ai entendu les émotions de mes patients : isolement, solitude, perte de repères, difficultés à communiquer… Et effectivement, en haute mer, l’adaptation a été compliquée. J’ai été malade à crever les deux premiers jours, je vivais dans un fond de placard, la météo était difficile et le bateau très secoué, je me suis senti perdu en quelques heures… » Des épreuves proches de celles que vivent les patients dans leur quotidien. Notamment celle de la solitude : « Il m’a fallu plusieurs semaines pour me familiariser avec elle. » Mais il y a eu, aussi, des moments merveilleux, comme la rencontre avec les animaux marins, « ce qui rejoint la suite de mon projet : vendre mon bateau pour financer l’introduction d’animaux de compagnie dans les structures d’accueil des malades ». Selon lui, les animaux sont de bons médiateurs, « je l’ai expérimenté en mer : les oiseaux et les poissons ont été les compagnons de ma traversée ».

ÉTABLIR UNE AUTRE COMMUNICATION

À la résidence Avel ar Mor du Porzou, Xavier Fabre s’occupe de 94 patients dont la plupart sont atteints de la maladie d’Alzheimer. « Cela fait 13 ans que je travaille avec eux, je tiens auprès d'eux une place privilégiée et sincère, dans laquelle je ne triche pas. Je dois rendre compte de ce que je vois : des individus à part entière, pensants, sensibles. On croit souvent qu’ils sont partis, déconnectés, mais c’est faux. Ils ont encore des choses à dire. Mon ambition est de tirer de mon aventure de quoi diffuser cette idée que la maladie n'emporte pas tout sur son passage. » Pour établir et garder le contact avec les patients, Xavier Fabre a travaillé sur le toucher, « c’est aussi un langage qui permet de maintenir le lien ». Une méthode qui porte ses fruits, à tous les stades de la maladie, mais qui nécessite du temps et un accompagnement. « Je ne sais pas où sont les limites, j’arrive encore à être surpris ! » Car les malades, même très atteints, restent présents : « Comme moi lorsque j’étais au milieu de l’océan, ils restent connectés à la planète. »

PROLONGER L’EXPÉRIENCE

Avant de prendre la mer pour se faire entendre, Xavier Fabre a eu une autre vie : originaire du centre de la France, c’est le service militaire qui l’a envoyé en Bretagne, « alors que j’avais demandé l’Outre-Mer… ». Il y est finalement resté, d’abord comme cuisinier à l’hôpital, puis en passant du côté des soignants.
Aujourd’hui, il écrit un livre qui raconte sa traversée. Il peint aussi, des toiles abstraites, « car la création est vitale pour m’évader », et rencontre familles et aidants pour partager son expérience.
Et puis la mer, celle qui l’a retenu en Bretagne, est toujours au coeur de sa vie : « Je continue le kite-surf, le paddle sur l’Aven, la voile à la pointe de Trévignon, mais le large me manque. » La traversée l’a-t-elle changé ? « Oui bien sûr, mais il est difficile de dire en quoi. Ce sont plutôt des symptômes : mon regard sur les choses et les gens, plus de distance avec les réseaux sociaux… Je relativise beaucoup de choses. »

 

 

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